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Le monde
un peu en vrac de Doidepou... rire,soupir et délire 
Je m’appelle Rose. Et j’ai toujours eu peur qu’un jour on m’assassine avec un sécateur. Non, ça existe vraiment. On m’a raconté ça une fois. Une femme, assassinée par un sécateur. Donc j’évite les jardiniers, les botanistes et les pépiniéristes. Pour palier à ce manque, j’ai acheté un cochon nain, pour me tenir compagnie. Je ne lui ai pas donné de nom. C’est grave ? De toute façon il est sourd. J’arrête là. Mon histoire n’intéresse personne. En plus, c’est pas un cochon nain, mais un poisson rouge.
Un coup de cuillère dans le café. Elle est en retard. Normal, elle est toujours en retard. Juste assez pour que je regarde mon portable toutes les minutes, pas assez pour que j’aie l’idée de penser qu’elle m’ait poser un lapin. Elle sait jouer avec moi. Et je me laisse faire, parce que lorsqu’elle franchira la porte du café, elle aura ce regard. Ce regard qui fait semblant de me chercher, semblant d’être perdue pour que je lui adresse un signe de la main et qu’elle me décroche ce sourire.
Un quart d’heure que le rendez-vous était fixé, et elle passe la porte, un chapeau sur la tête, un livre à la main. Elle est venue en bus, profitant du trajet pour relire un classique de la littérature anglaise. Elle aime la littérature anglaise. Ce chapeau masculin qu’elle ôte maintenant lui donne un air de comédienne. Elle est une comédienne. Elle s’approche en quelques pas de ma table, se penche vers moi pour poser son livre devant sa chaise et son chapeau sur le dossier. Elle hésite à m’embrasser ou à me faire la bise. Juste un bisou sur la joue. Ça me suffit. Elle est radieuse, un chemisier blanc qui laisse à peine entrevoir son soutien gorge rouge, un jean avec une ceinture noir et des ballerines blanche. Pour être à l’aise partout. En effet, elle est à l’aise partout. Je lui adresse un reproche en essayant d’avoir l’air fâché, parce qu’elle m’a fait attendre. Mais elle sait déjà ce que je pense de ça. Elle ne me demandera pas depuis combien de temps je l’attend, mais simplement : « j’espère que je t’ai fait attendre ». Espièglerie dans le regard. Dans l’attitude aussi, son pied qui se balance et qui vient taper dans la table, doucement.
Le serveur s’approche. Un chocolat à la cannelle. C’est ce qu’elle demande à chaque fois, même si on lui répond souvent qu’il n’y a pas de cannelle. Elle prend un air triste et demande un thé au citron. Epicée, elle mène sa vie comme ça. Elle s’enivre du regard que je lui lance. Tu vois quoi pour nous deux, ma belle ? Comment tu nous vois ensemble ? Nous vois tu ensemble ? Me vois tu sans toi ? Elle baisse le regard, entrouvre les lèvres, juste assez pour faire apparaître légèrement ses dents. On peut croire qu’elle est embarrassée, mais non, elle cherche le mot qui me fera réagir. Elle veut me faire réagir. Elle aime provoquer. Un peu, dans une réflexion sur sa conception de l’amour ou sur sa vision de son avenir. Elle ne le pense sans doute pas, mais elle guette ma réaction.
Trop jeune, tu te dis trop jeune pour moi. Tu as rigolé quand j’ai soupiré que c’était sans doute moi qui étais trop vieux. Tu es égoïste, c’est toi qui le dis. C’est faux. Elle baisse les yeux pour me confier qu’elle a peur de s’engager. Tu n’as pas besoin de t’engager ma puce, juste me dire que j’ai le droit de te regarder comme un amant, et non comme un grand frère. Elle se débat dans son discours, comme si elle sentait que quelque chose se refermait autour d’elle. Elle n’a jamais supporté d’être acculée devant un obstacle. Si elle n’a plus de moyen de repli, elle se lèvera, elle partira. Non qu’elle soit fâchée, mais pour rester libre, indépendante. C’est ça qui me plait chez toi. Cette indépendance que tu mets en avant. Besoin de personne, oui c’est ce que tu me dis. Et ça ne t’empêche pas de venir me confier tes peines et de pleurer dans mes bras quand ça ne va pas. Alors je la laisse croire qu’elle n’a besoin de personne. Mais elle a tort. Elle n’a peut être pas besoin de moi, mais de quelqu’un pour la protéger. Evidement que j’aimerai être cette personne. Mais ce que je veux, c’est être auprès d’elle, qu’elle que soit la situation. Elle garde le silence devant une de mes questions. Tu n’as rien à répondre penses-tu ?
Qu’est ce qu’on fait maintenant ?
L'homme
Entre 15 et 70 ans un homme est comme les États Unis: gouverné par un gland...
Lourdeur falacieuse
les papottes